Article de Le Figaro sur Droit au Coeur.
Désaimez-vous ?

Désaimez-vous ?

Avez-vous déjà vécu le « désamour », ce détachement progressif, mêlé de déception et d’un arrière-goût amer, qu’évoquait si justement Charles Aznavour en chantant « tu t’laisses aller » ?

Et pourtant, avez-vous senti ce regret en y pensant, comme un zeste de nostalgie et de tendresse qui demeure dans les interstices de cette pente douce ?

C’est ce que d’autres appelleraient communément “l’usure du couple” ; le remède le plus simple ne serait-il pas d’en parler ?

Certes, mais comment ? Il n’est pas facile de dire la déception, d’émettre des critiques, sans juger ni offenser.

Cependant, avouer son émotion, parler de son ressenti, en l’occurrence la tristesse, sans parler de dégoût, au nom de l’amour durable qui reste le cap ultime, n’est-ce pas plus simple (même si simplicité n’est pas synonyme de facilité !) que d’éviter trop longtemps le sujet jusqu’au point de rupture : sans doute le génie d’aimer est-il aussi dans la simplicité.

Car même après une séparation – cette rupture du lien quotidien -, le sentiment peut perdurer sous une autre forme.

Il est sage de dissocier l’amour de la relation, laquelle n’a pu durer telle quelle. A titre d’exemple, Guy Bedos confiait en parlant de son ex-épouse, Sophie Daumier : « J’ai volé à Simone Signoret cette phrase : ‘Je ne désaime pas.‘ Alors voilà, j’adore ma femme actuelle et c’est à la vie à la mort entre nous, mais je n’ai jamais cessé de penser à Sophie. »

Le deuil relationnel est un long chemin, souvent inachevé. Alors laissons ces 3 mots “ne désaime pas” – qui pourraient être une litote ou le refrain d’une chanson – nous conforter dans ce sentiment que notre capacité d’aimer va au delà des aléas de la relation…

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